12.04.2012
Médiatiques et campagne
Certains disent que la campagne est ennuyeuse. Ne demandez pas quelle campagne, s’il vous plaît, cela vexerait au moins dix personnes. Non elle n’est pas ennuyeuse, on y entend même un Cheminade parler d’hélium 3 et de Mars, ce qui, en effet pourrait bien préoccuper nombre de Français, si les instituts sondagiers voulaient se donner la peine de vérifier, auprès d’une population d’un peu moins de 1000 personnes triée sur le volet par la méthode des quotas et interrogées sur le web et prêtes à répondre de façon spontanée.
Non la campagne n’est pas ennuyeuse. D’ailleurs, à partir de maintenant, à dix jours de la date tant attendue du premier tour, les fenestrons vont ronronner les fameux clips politiques farcis de créativité et d’inventivité, et ceci en séries, plusieurs fois par jour et partout. Le zapping ne vous évitera pas le plaisir de ces spectacles exceptionnels accolés les uns aux autres, à la queue leu leu, et remplis de sagesse, de promesses et de tendresse pour le bon peuple.
Non, la campagne n’est pas et ne sera pas ennuyeuse. D’ailleurs, ces farfelus journaleux de la bonne presse n’ont pas manqué de remarquer les lunettes noires portées par madame Eva Joly après son accident, et d’en faire tout un plat, parce qu’elle rompait avec le style coloré d’avant l’accident. Il y aurait de quoi interroger le bon peuple, à ce sujet existentiel, messieurs les experts d’instituts sondagiers, non ? A tout le moins cela offrirait un peu d’aliments énergétiques à la prose anémiée des mêmes journaleux qui n’ont même plus la force de l’originalité, se copiant les uns les autres (y compris pour les mauvais jeux de mots) jusqu’à l’inanité et la vacuité.
Non, la campagne n’est pas ennuyeuse, les médias le sont, en revanche. Lisez, si vous en avez le courage, écoutez, regardez, vous serez édifiés par la production médiatique, insipide, répétitive, à défaut d’être subtile et vivante, même hélas, parfois, sur les sites d’expression citoyenne….Certains ont d’ailleurs été annexés par des « institutionnels », dirons-nous, comme Le Post, détruit et mangé par un poids lourd américain « Huffington Post » allié au « Monde » et où Anne Saint Clair s’essaie sans gloire au rôle de “directrice éditoriale”, après que les blogueurs de l’ancien site aient été virés comme des malpropres….
On répondra au bon peuple que, justement, il y a désormais des décrypteurs (car le bon peuple est ignare et ne pense pas par lui-même, bien évidemment) qui décryptent tout et son contraire. Des sortes de spécialistes de l’expertise en tout autoproclamés ou dénichés dans un quelconque institut. Il y en a même qui décryptent les médias qui eux décryptent les évènements, les textes, les on-dit, les rumeurs fausses ou vraies mais « on » ne le sait pas tant qu’elles ne sont pas décryptées ! C’est tellement simple. En réalité, les médias ont choisi le décryptage, plutôt que l’analyse, car ils s’aperçoivent que le bon peuple ne suit plus, ou de moins en moins, les « scientifiques » (dit-on) tels que sociologues, économistes (comme l’ultra libéral verbeux Jean Marc Sylvestre) , politologues (comme le sarkozien Dominique Reynié) qui ne sont jamais d’accord entre eux sauf dans certaines émissions où ce sont les chroniqueurs qui chroniquent et parlent à la place de leurs invités qui n’en peuvent mais, puisque, même s’ils sont candidats, ils servent seulement de tapisserie et de fond d’écran à des stylistes aussi talentueux que le mièvre et exagérément multimédias Jean Michel Apathie ou encore l’inamovible Jean Pierre Elkabbach. N’oublions pas les David Pujadas, spécialiste en courbettes ou en coups bas, selon « l’invité » qu’il reçoit, les Catherine Nay qui après avoir adoré Mitterand sauve l’honneur du président candidat en dénonçant Cécilia dans un bouquin sans saveur ; pensons aussi aux duos clownesques ou presque Zemmour-Nolleau ou Pulvar-Polony déclarés amuseurs publics mais prétentieux, imbus d’eux-mêmes, plein de morgue et pratiquant (pour rire ?) l’ironie agressive, ce qui leur semble manifestement très jouissif. On pense aussi au monsieur « Pardonnez-moi », Yves Calvi, dont il est dit qu’il est tellement impartial, lui qui « invite » toujours les mêmes économistes, journalistes (Christophe Barbier est un bon client, ainsi qu’Yves Thréard et Renaud Dély ou Yves Reynié, encore lui – grâce auxquels nous sommes assurés d’une impartialité sans faille évidente).
Pour animer cette campagne absolument pas ennuyeuse, et égayer le bon peuple, se trouvent par ci par là des gribouilleurs en mal de copie susceptible de faire réagir le bon peuple, comme Nicolas Demorand qui avant de diriger la rédaction de Libération, dont les journalistes ont manifesté récemment leur désaccord et leur défiance à son endroit, fut vulgaire, prétentieux et arrogant tant sur France Inter que sur France 5 ou Europe 1, ou encore le survivant Alain Duhamel et même l’inconstant Jacques Julliard qui somnole béatement au sein du révolutionnaire centriste Marianne, après avoir cru pouvoir plastronner à vie au très gauchiste NouvelObs.
Parmi ces étoiles médiatiques, certains frisent la cacochymie mais, bien sûr, on ne leur en tiendra pas rigueur, souhaitons leur plutôt un prochain repos mérité et réparateur. Quant aux jeunes pouces (et moins jeunes), ils doivent savoir que le mépris, la suffisance et la désinformation ne sont pas forcément des gages de réussite, loin de là, d’une part, et d’autre part que leur notoriété acquise “avec les dents” ou non, à l’instar de celle des politiciens, n’a qu’un temps et que le bon peuple peut, un jour, se lasser.
rony
article paru dans
le 13 avril 2012)
18:33 Publié dans Réflexion et commentaires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : médias, posture, cacochymie, elkabach, alain duhamel, jacqus julliard, ?icolas demorand, yves calvi |
27.03.2012
Ridicules
Se rendent-ils compte de leur ridicule ? Ce matin, sur Itélé, l’indécrottable Jean Marc Sylvestre assène une «baisse de la hausse du chômage », soulignant son identité de « vue » avec le président candidat et sa « une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs », ce qui équivaudrait, pour ces deux comiques à une « amélioration » de la situation… Je leur conseille, au premier, d’inviter quelques-uns des 6000 nouveaux chômeurs pour évoquer avec eux l’amélioration de leur « situation » (celle de futurs paresseux assistés ?) et au second de les recevoir à l’Élysée pour la même raison. Il les avait d’ailleurs singulièrement stigmatisés en Février, ces mêmes chômeurs, et appelait même la population à se déchirer via un référendum visant à désigner ces derniers comme boucs émissaires aux côtés des étrangers…
Personne n’a oublié, d’ailleurs, qu’il y a cinq ans le candidat de l’époque, ou peut-être même le déjà président avait dit que les Français devraient le sanctionner si à la fin de son quinquennat le taux de chômage était à 10 … Nous y arrivons camarade, et même si la hauteur de la marche paraît moindre, elle n’empêche de continuer à grimper vers le casse-gueule final.
Plus grave. Ce président candidat annone des âneries monstrueuses, en parlant « d’apparence musulmane ». C’est évoquer – et justifier du même coup – le délit de faciès. Et qu’on ne nous parle pas de mots retirés de leur contexte, tout le monde a, hélas, parfaitement compris ce que ce langage trahit. Car il faut bien remarquer que ce que disent ces mots va bien au-delà de l’idée de racisme. Et c’est dangereux, il ne faut pas s’y tromper.
rony
10:47 Publié dans Réflexion et commentaires | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : racisme, chômage, hausse |
03.11.2011
La démocratie fout le camp...
La démocratie fout le camp, si tant est qu’elle ait jamais existé. Pour étayer ce constat, il y a l’embarras du choix, si l’on ose dire..
Ainsi, Charlie Hebdo envisage d’éditer Charia Hebdo, cette semaine. Une explosion détruit les locaux de l’hebdomadaire. Des individus ne supportent pas ce genre « d’affront » ou de « blasphème » et se font justice eux-mêmes, au détriment de la liberté d’expression. Ou bien il s’agit d’individus qui tentent de mettre de l’huile sur le feu pour renforcer certains mouvements d’opinion tels que celui des apéros saucissons… ou pire. Dans les deux cas, la démocratie est bafouée
D’un autre côté, des intolérants fondamentalistes catholiques tentent d’empêcher une représentation théâtrale qu’ils accusent de christianophobie ! C’est encore un intégrisme, au même titre que le précèdent… Ajoutons à cela que les médias dans leur ensemble, donnent beaucoup plus de visibilité à l’attentat contre Charlie Hebdo qu’au harcèlement quasi quotidien perpétré par les cathos extrémistes. C’est bien là un comportement de déni de démocratie de la part de ceux qui, en principe, sont chargés d’informer…
Un peu comme la façon d’annoncer les résultats de sondage, comme celui d’Opinonway pour le Figaro qui n’hésite pas à affirmer 55 % « des Français » ont été convaincus par le Président, lors de son dernier show, alors que seulement 58 % des sondés ont suivi la prestation sur TF1 et France 2 associés. Si l’on accepte l’extension des résultats de 1000 sondés environ à l’ensemble des Français, il ne s’agit plus que de 55 % de 58 %, ce qui change la perception des choses. Bizarrerie déjà évoquée sur ce site, à juste raison. Travestir ainsi les faits par manipulation est également un procédé qui nie, par son principe et son objectif inavoué, la simple démocratie. Mais est-ce nouveau ?
Le dernier exemple en date, mais très révélateur : la réaction quasi épidermique des politiques, des institutions, des présidents, des premiers ministres, du FMI, des « marchés », des médias, etc… face à la volte-face de George Papandréou qui annonce un référendum pour appeler son peuple à se prononcer sur les mesures prises lors du dernier sommet de l’UE. Réactions vives, « panique » ( ?!?) des fameux marchés, les bourses s’affolent, le monde de l’argent ne comprend pas que l’on donne la parole au peuple.
Pire, les politiques non plus ne comprennent pas (ou refusent) que la démocratie fonctionne, comme ce devrait-être constamment la règle. Voyez l’attaque en règle de François Fillon contre son homologue grec, mais aussi et surtout contre le peuple grec, dans son intervention à l’Assemblée Nationale du 02 novembre ! Voyez l’agitation de Madame Merkel et de notre Président, à Cannes, la veille du G20 (autre institution non démocratique s’il en fut !)
Et nous n’évoquerons pas les médias qui presque unanimement ou s’étonnent ou condamnent cet agissement démocratique. Sans oublier ce grand pays démocratique que sont les USA qui, non contents d’avoir déclenché depuis chez eux cette « crise » qui n’en finit pas et voue les nations à « l’austérité », critiquent aujourd’hui l’Europe de ne pas faire « assez » pour sortir de la crise de la dette !
En démocratie (née en Grèce) ce sont les peuples qui donnent leur opinion, expriment leurs besoins et assignent leurs objectifs. En prend-on le chemin ?
Rony
(Paru sur Agoravox le 04.11.2011)
10:12 Publié dans Réflexion et commentaires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : charia, charlie hebdo, grèce, démocratie, sondage, opinionway, merkel, papandréou, religions, intégrisme, médias, politique |


