03.11.2011
La démocratie fout le camp...
La démocratie fout le camp, si tant est qu’elle ait jamais existé. Pour étayer ce constat, il y a l’embarras du choix, si l’on ose dire..
Ainsi, Charlie Hebdo envisage d’éditer Charia Hebdo, cette semaine. Une explosion détruit les locaux de l’hebdomadaire. Des individus ne supportent pas ce genre « d’affront » ou de « blasphème » et se font justice eux-mêmes, au détriment de la liberté d’expression. Ou bien il s’agit d’individus qui tentent de mettre de l’huile sur le feu pour renforcer certains mouvements d’opinion tels que celui des apéros saucissons… ou pire. Dans les deux cas, la démocratie est bafouée
D’un autre côté, des intolérants fondamentalistes catholiques tentent d’empêcher une représentation théâtrale qu’ils accusent de christianophobie ! C’est encore un intégrisme, au même titre que le précèdent… Ajoutons à cela que les médias dans leur ensemble, donnent beaucoup plus de visibilité à l’attentat contre Charlie Hebdo qu’au harcèlement quasi quotidien perpétré par les cathos extrémistes. C’est bien là un comportement de déni de démocratie de la part de ceux qui, en principe, sont chargés d’informer…
Un peu comme la façon d’annoncer les résultats de sondage, comme celui d’Opinonway pour le Figaro qui n’hésite pas à affirmer 55 % « des Français » ont été convaincus par le Président, lors de son dernier show, alors que seulement 58 % des sondés ont suivi la prestation sur TF1 et France 2 associés. Si l’on accepte l’extension des résultats de 1000 sondés environ à l’ensemble des Français, il ne s’agit plus que de 55 % de 58 %, ce qui change la perception des choses. Bizarrerie déjà évoquée sur ce site, à juste raison. Travestir ainsi les faits par manipulation est également un procédé qui nie, par son principe et son objectif inavoué, la simple démocratie. Mais est-ce nouveau ?
Le dernier exemple en date, mais très révélateur : la réaction quasi épidermique des politiques, des institutions, des présidents, des premiers ministres, du FMI, des « marchés », des médias, etc… face à la volte-face de George Papandréou qui annonce un référendum pour appeler son peuple à se prononcer sur les mesures prises lors du dernier sommet de l’UE. Réactions vives, « panique » ( ?!?) des fameux marchés, les bourses s’affolent, le monde de l’argent ne comprend pas que l’on donne la parole au peuple.
Pire, les politiques non plus ne comprennent pas (ou refusent) que la démocratie fonctionne, comme ce devrait-être constamment la règle. Voyez l’attaque en règle de François Fillon contre son homologue grec, mais aussi et surtout contre le peuple grec, dans son intervention à l’Assemblée Nationale du 02 novembre ! Voyez l’agitation de Madame Merkel et de notre Président, à Cannes, la veille du G20 (autre institution non démocratique s’il en fut !)
Et nous n’évoquerons pas les médias qui presque unanimement ou s’étonnent ou condamnent cet agissement démocratique. Sans oublier ce grand pays démocratique que sont les USA qui, non contents d’avoir déclenché depuis chez eux cette « crise » qui n’en finit pas et voue les nations à « l’austérité », critiquent aujourd’hui l’Europe de ne pas faire « assez » pour sortir de la crise de la dette !
En démocratie (née en Grèce) ce sont les peuples qui donnent leur opinion, expriment leurs besoins et assignent leurs objectifs. En prend-on le chemin ?
Rony
(Paru sur Agoravox le 04.11.2011)
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12.03.2011
Tremblement de terre et économie
Dans son édito du 12 mars, Nicolas Demorand se félicite du savoir-faire (réel) des Japonais en matière de prévention des secousses sismiques et d’organisation en cas de tremblements de terre et de tsunami… tout en soulignant l’effroi que provoque la catastrophe du 11 au Japon et dans le monde. Le nombre de victimes, d’ailleurs, ne cesse de croître. Il s’exprime ainsi : « Ailleurs qu’au Japon […] les choses auraient été bien pires », ce qui est malheureusement vrai, à l’heure actuelle, il suffit de se souvenir d’Haïti, comme il le dit, ou encore de Christchurch 22 février 2011.
Cependant, il croit devoir souligner ce qui, pour, lui semble une évidence : «Preuve que le développement économique est encore la meilleure arme pour limiter les conséquences d’un séisme. » Le fameux développement économique dont on nous rebat les oreilles depuis des lustres, vu sous l’angle libéral, serait la solution à tous les problèmes. Mais alors, le développement économique, qui a engendré les centrales nucléaires, n’oublions pas, va-t-il réussir à limiter les conséquences d’un risque d’explosion comme celle de Fukushima, qui a eu lieu le 12… ? On serait presque tenté de lui retourner son irrévérencieux et vulgaire « Un peu court, jeune homme »…
J’évoquais Christchurch précédemment. Dès le 23 février, l’un des titres du Nouvel.obs.com était « Nouvelle-Zélande: le coût du séisme évalué à 6,3 mds d'euros », après avoir fait un sous-titre sur le bilan des pertes humaines, reconnaissons-le. Et les mots clefs de cet article sont : « nouvelle-zélande, séisme, immeuble », textuellement. Les préoccupations humaines pèsent peu, semble-t-il.
D’ailleurs, quelques jours après, le Trésor néo-zélandais envisageait une baisse du PIB pour 2011, suite au séisme mais aussi un « rebond substantiel » en 2012 des investissements dans les secteurs intéressés par la reconstruction…
Nos médias gagneraient en crédibilité s’ils se donnaient le mal de se préoccuper prioritairement des êtres humains, avant de ramener tout à des bilans financiers et à des théories économistes trompeuses qu’utilisent les politiques et « économistes » actuellement en vogue…
Rony
Liens :
Édito de Libé : http://www.liberation.fr/monde/01012325180-effroi
Titre NouvelObs :
Article 7sur7 :
16:12 Publié dans Information, désinformation, déformation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : politique, médias, japon, séisme, économie |
09.03.2011
Extrême droite FN ou … extrême droite UMP ?
(Retour après un long silence, parce qu'il fallait réfléchir sur les faits et évènements qui se sont accumulés depuis plusieurs mois, parce qu'il fallait agir aussi et participer également à des causeries de vive voix... )
Le 8 mars, le monde médiatique a frétillé pour le nom de deux dames à qui on pourrait reconnaître un certain cousinage. Mais est-ce un hasard ?
La première, Chantal Brunel qui, pour réagir aux sondages (sic) sur Marine Le Pen, se contente de donner consistance à l’idéologie et la pensée démagogiques de son président, évoquées d’ailleurs dans son dernier monologue télévisé.
Les médias – presque tous serviles - réagissent sur une seule phrase « Remettons les dans les bateaux », alors qu’elle a développé, pour ne pas dire argumenté, les raisons réelles de les rejeter, en amalgamant les antiennes éculées concernant les “cités” et les “prestations sociales” (pourquoi n’a-t-elle pas convoqué Éric Zemmour ?) en vogue actuellement, de par la volonté de la classe dirigeante relayée par des journaleux sinon aux ordres au moins flagorneurs.
Elle a dit, je cite en me permettant de corriger son langage peu respectueux de la langue française (comme quoi il est difficile d’être « bon Français », même lorsqu’on est députée) : « …Il (n’) est pas normal que, dans les cités, je vous dis, (il) y ait des caïds qui imposent leur loi, il (n’) est pas normal que y ait qu’il y ait une fraude aux prestations sur ( ?) lesquelles on ne lutte pas, les Français ne le supportent plus (??), il (n’) est pas normal que on … on ne rassure ( ?) pas les Français, aussi, sur toutes les populations qui viennent de la Méditerranée. Après tout, remettons les dans les bateaux. »
La démarche est claire. Même si l’UMP de Jean-François Copé désapprouve, elle éclaire bien le véritable cheminement de la droite et ses véritables objectifs. A noter l’habileté dans l’art de l’amalgame, répétons-le : mêler dans le même “discours” les populations françaises jugées de second niveau et les réfugiés effrayés des pays en révolution, dans un même vocable fourre-tout : l’immigration. On se demande si, dans son désir de remettre dans les bateaux les populations venues d’ailleurs, elle n’inclue pas celles déjà établies en France et (qu’elle le veuille ou non) Françaises, mais à un degré moindre (selon elle et ses semblables, évidemment)… Mais alors, comment espérer voir renaître l’Union Pour la Méditerranée, comme l’a espéré son président, lors de son allocution du 27 février et que le tout jeune nouveau ministre des affaires étrangères semble soutenir.
La seconde est, bien sûr, Marine Le Pen la fille de son papa mais qui, dit-on, ne lui ressemble pas, n’est pas comme lui, ne parle pas comme lui, mais est quand même Front National. On met en place une nouvelle liturgie pour la sanctification provisoire du FN, le temps d’amener « les Français » à un vote utile… On remarquera que par la bouche de ces verbeux médiatiques et politiques ce sont « les Français » qui s’exprimeraient. De même que dans les sondages… Quand un journal vous dit « X % des Français » approuvent, ou désapprouvent, ou soutiennent ou ne soutiennent pas, il s’agit chaque fois d’environ 1000 personnes, de la famille « méthode des quotas » bien connue… dont les sondeurs, après moult corrections et ajustements assimilent ensuite « aux Français » ! Et ne parlons pas des commentateurs…
Mais là n’est pas notre propos, pour l’heure, bien que cette utilisation des sondages appelle d’autres développements à venir. Par exemple sur le fait de “récompenser” les sondés. La presse et les médias sont en pointe, dans cette « consécration » de la fille du père. Participation à de nombreuses émissions télévisées, interviews et commentaires répétés dans les journaux, de droite et de gauche (s’il en existe encore…). On lui balise la route, cela s’appelle « manipulation ». Même Radio J, La Radio de la communauté juive, attend la cheftaine dimanche, c’est dire si la trajectoire est concertée et démontre à l’envie contre qui se construit cette tentative politique de déstabilisation de la population.
Alors, à chacun de réfléchir sur ce modus operandi des uns et des autres, avec à l’horizon les présidentielles de 2012. Mais il est plus que temps de se concentrer sur les cantonales toutes proches, dont pourtant on nous parle peu (sans doute pour nous désintéresser de la fumeuse Réforme des collectivités territoriales…)
rony
Mise à jour du 10 mars 2011, 08 heures 13 mn : Radio J ne recevra pas Marine Le Pen.
PS : Article publié dans Agoravox. du 10 mars 2011
10:33 Publié dans Information, désinformation, déformation | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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